
Dans un jardin, la mort ne marque pas la fin de la vie — elle s’ouvre sur une nouvelle naissance.
Décembre 2023. Mon père est à la clinique, atteint d’un cancer au stade terminal. Je suis sur le lit d’à côté. De la fenêtre de sa chambre, on aperçoit de magnifiques arbres qui dansent. Au moment où il dort, je rêve-dessine des jardins. Plein de jardins. Pour lui, pour moi, pour ce qui restera de nous.
J’entame mon 7ème mois de grossesse. C’est également le dernier trimestre pour mon père. Il est parti un mois plus tard.
Les Jardins de mon père est né de cette rencontre entre deux pratiques : celle d’un père biologiste et la mienne d’artiste. Des jardins rêvés, imaginés, traversés — où s’entremêlent personnages, espaces et temporalités. Mes souvenirs d’enfance dans ce jardin familial se mêlent à ceux d’hier, le jardin sans mon père, aux moments où je le revois en train d’arroser ses plantes. Des strates de temps qui se confondent.
La fiction se superpose délicatement sur la réalité. L’exposition déploie aquarelles, céramiques, peintures sur carreaux de faïence et assemblages.
On y entend une œuvre sonore participative, « À l’écoute de vos jardins », composée à partir d’enregistrements d’ambiances sonores de jardins anonymes collectés.
Plus loin, l’atelier-laboratoire — un espace de rencontre entre le biologiste et l’artiste. Un cabinet de curiosités où cohabitent photographies que mon père prenait chaque printemps de son jardin, herbiers, dessins, textes et graines. Ce qui reste. Un non-lieu, un espace hors du temps.
Still Life est mon jardin intérieur. Celui des Jardins de mon père est le sien. Ici, les deux se sont rencontrés.
Médium / date Aquarelles, céramiques, peintures sur carreaux de faïence, assemblages,
herbiers, œuvre sonore participative. Archivart, Tunis, novembre 2025.
Voir aussi : Le projet : Still Life




















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