BIOGRAPHY

Crédit photo : Alma Riza

Ce qui m’intéresse : ce qui disparaît, ce qui résiste — et ce qui en reste.

Je vis et travaille à Tunis — en première ligne.
Depuis 2010, je travaille sur une seule question, posée de mille façons : qu’est-ce que consommer fait aux corps, aux territoires, au vivant ? La nourriture, les images, les frontières, les forêts — tout ce que nous ingérons, absorbons, épuisons.

Le dessin est mon outil de pensée. Face à une question que je ne parviens pas à résoudre, je la pose sur la table et je la dessine. Je plonge en elle comme avec un microscope — j’analyse, je dissèque, je cherche un cheminement. Ce que ça devient ensuite — installation, performance, cahier d’artiste, marche, réalité virtuelle — dépend de ce que le terrain m’impose.

Je collecte, je documente, je fabrique des fictions ouvertes à partir d’enquêtes réelles. Depuis Tunis, depuis un atelier-verger à Mornag, depuis les oasis que je traverse et les corps que j’observe — en première ligne des enjeux qui traversent ma pratique : la souveraineté alimentaire, la migration, la fragilisation du vivant.

Ce qui m’intéresse : ce qui disparaît, ce qui résiste — et ce qui en reste

3 STRATES // 3 AXES DE TRAVAIL

*VIVANT & RESILIENCE

Entre les arbres, j’écoute.

Depuis 2019, mon travail s’est ouvert au vivant non humain. Arbres, oasis, semences, forêts : autant de présences qui résistent, qui transmettent, qui meurent aussi. Je m’intéresse au biomimétisme comme possibilité de transformation — comprendre comment le vivant s’adapte, pour imaginer autrement notre façon de cohabiter avec lui. Dans un monde en mutation,
l’adaptation est nécessaire.

**NOURRITURE & RESISTANCE

Manger est un acte de résistance.

Travailler non pas sur l’aliment, mais avec l’aliment. L’aliment comme medium, sujet et objet de réflexion — pas simple représentation, pas nature morte au sens classique. Ce qui m’intéresse : notre rapport du corps à la nourriture, autrement qu’un simple produit de consommation prêt à être avalé, digéré, jeté.
Depuis 2010, j’enquête sur ce qui disparaît — une plante, un savoir-faire, une mémoire collective. La nourriture comme territoire, comme mémoire, comme rapport de force. Et sur ce qui résiste. Depuis la Tunisie, depuis les champs, les cuisines et les marchés — un zoom sur ce qui est en train de devenir fragile.

***CORPS & RECIT

Les corps ont une mémoire. Même quand on essaie de l’effacer.

Depuis 2010, je travaille sur les corps — ce qu’ils portent, ce qu’on leur impose, ce qui résiste malgré tout. Des femmes dont on efface les traces. Des hommes qui traversent la mer sans nom. Des familles recomposées, des identités fragmentées. Portraits, fictions documentaires, installations, cahiers — essayer de donner une forme à ce qui cherche à disparaître.