Biography

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Hela Lamine, née à Tunis en 1984, vit et travaille à Tunis. Elle est Diplômée de l’Institut des Beaux-Arts de Tunis (spécialité gravure) et de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Elle enseigne actuellement à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Sousse.

De par sa formation de graveur, le dessin, qui constitue traditionnellement la base même d’une estampe, occupe une place très importante dans son travail. Jamais acquis, mais sans cesse remis en question, Hela Lamine s’intéresse à son évolution technique et historique, et s’interroge surtout sur la place qu’il peut occuper « à l’époque de sa reproductibilité technique ». Elle interroge ainsi la notion Benjaminienne d’ « aura », mais aussi celle du « sacré », de la confrontation de l’ « unique » face au  « multiple », de l’ « originel » et du « reproductible », du « consommable », du « consommé », et de « ce qui en reste »… jusqu’à une forme de boulimie linéaire qui prend, sur la durée, la forme de couches superposables semblables à celle des strates sédimentaires.

Elle travaille essentiellement par séries, qui ont toutes pour principales matrices des portraits et/ou des corps humains qu’elle repère quotidiennement sur internet, mais également dans les livres, les magazines et les journaux. Elle collectionne, archive, déplace, dessine, dissèque, observe, replace, redessine encore et encore, de manière quasi obsessionnelle ; les met et remet en scène dans des fictions qu’elle qualifie d’« ouvertes » en référence au concept d’ « œuvres ouvertes » d’Umberto Eco. La figure / corps y est bien souvent malmenée, basculant entre beauté et laideur, entre figuration et abstraction, entre rêve et cauchemar… le corps humain y est poussé toujours un peu plus vers ses propres limites, et parfois bien au-delà.

Pour son exposition personnelle intitulée « The Unsecret life of Samantha.C », Hela Lamine décide de mener une expérience inédite d’une durée d’un an et demi, au cours de laquelle elle suit en secret les publications d’une certaine Samantha, choisie au hasard sur le réseau social Facebook, et travaille sur toutes les données numériques dont elle a légalement accès. Ce qui l’intéressait le plus était les photographies visibles publiquement, où on y retrouve Samantha, ses amis et sa famille.  En 2015, Hela Lamine y expose plus de 100 œuvres graphiques entre peintures, dessins et techniques mixtes, tous traitant de la vie « non-secrète » de Samantha.C.

 

La nourriture, intimement liée au corps par son absorption, occupe depuis 2010, une place particulière dans ses recherches. Etant à l’origine son sujet de thèse, il s’est transformé petit à petit en un rendez-vous annuel avec le spectateur où elle questionne les pratiques d’alimentation qualifiés de « tabous », et imagine ainsi des «festins pour cannibales» ou « invitation à une gloutonnerie anthropophagique Halal »,  des «corps-politiques»  comme mises en bouches,  des plats de résistances pour résister, et des desserts où on pourrait y déguster les oreilles d’un juge corrompu…

Elle a développé en parallèle à ces rencontres, une pratique très personnelle autour des restes et du processus de moisissure des aliments et tout particulièrement celle du pain préalablement trempé dans de l’eau, dans l’idée de reprendre des slogans entendus lors de grands soulèvements sociaux. « Nous ne mangerons plus de ce pain-là », série de 7 tableaux où on voit le portait en pain de l’ex président déchu moisissant entre 1987 et 2011. Et plus récemment, avec le projet « Karama (dignity) Survival Kit » un kit de survie qui sert à fabriquer avec du pain et de l’eau sa propre dignité et de la voir moisir sur plus d’une semaine dans l’espoir d’une survie par un effet cathartique possible ou pire/ mieux un lâcher prise.

Hela Lamine prépare actuellement sa prochaine exposition personnelle, prévue pour la rentrée 2019, sur la question de la perception de la mémoire dans l’imaginaire collectif.

Participe depuis 2007 à de nombreuses expositions collectives en Tunisie avec la Galerie A.Gorgi, Galerie Elbirou, Ghaya Gallery… En France au Grand Palais, à l’Institut du Monde Arabe, Galerie Glassbox, en Allemagne avec l’Ifa Gallery, en Autriche au Proarte de kunstraum, en Italie avec Mole Vanvitelliana, en Espagne avec Alculturà et au Centro Centro, au Maroc avec La fabrique culturelle des anciens abattoirs de Casablanca…
Expositions personnelles 2016 «Perfume me, ’cause I love you», Fatales Palmarium, Tunis // « The Unsecret life of Samantha.C » en 2015 à la Galerie A.Gorgi (Tunisie) et à La Cité internationale de Paris (France).

Résidences d’artiste : « Dos Mares » Marseille (France). Septembre 2016 // « Kulturlabor » Goethe Institut, Tunis (Tunisie). Mai – juillet 2016 // « Arkane Afrika », les abattoirs de Casablanca (Maroc). Mars 2016 // « Indice d’une suite » Galerie Glassbox Paris (France). Juin 2014 – Musée National du Bardo, Tunis (Tunisie) 2015.

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