Et si demain la Mloukheia venait à disparaître?

J’avais promis à mon mari de lui cuisiner la mloukhia pour nos 10 ans de mariage. Je ne l’avais toujours pas fait.

C’est de là que tout est parti. De cette promesse non tenue — et de la question qui l’accompagnait : est-ce que demain, la mloukhia sera encore là ?
En Tunisie, en première ligne face au changement climatique et aux choix humains qui fragilisent le vivant, l’eau et la nourriture deviennent des biens incertains. À l’invitation de Focus Gabès, je suis partie à l’oasis de Chénini rencontrer celles et ceux qui cultivent la terre — pour comprendre comment la mloukhia passe de la graine à notre assiette, et ce qui décide si demain elle aura encore sa place sur nos marchés.
Ce que j’ai trouvé : une chaîne fragile. Stress hydrique, pollution industrielle, pesticides, groupes
chimiques, coût de la main-d’œuvre, perte de savoir-faire ancestral, fragilité de la plante elle-même. Il suffit qu’un maillon se brise.

Le projet est né d’une enquête de terrain : écoute, collecte de récits, documentation auprès des
cultivateurs, observation des pratiques ancestrales liées à cette plante intimement liée à notre
identité. À la fin de l’aventure, j’ai appris à cuisiner la mloukhia à la manière de Gabès.
Il en est sorti un cahier d’artiste en édition limitée. Dans chaque exemplaire : des graines de
mloukhia. Pour que toi aussi tu puisses la cultiver chez toi, en petite quantité. Maintenant tu sais
ce que tu as entre les mains.

Médium / date : Cahier d’artiste, édition limitée. Exposition — Oasis Days, Focus Gabès, 2025.
Avec le soutien de La Boîte, un lieu d’art contemporain, Attijari Bank Tunisie, Fatales, Hicha Joy
et Danseurs Citoyens Sud.

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