El Khadhra Project

« I was dead. Let me be born again. I want to go out to see the people. »

Partie 1 : Roman graphique et performance (2019) SHIFT


Saïda Drayii, dite Saïda El Khadra. Danseuse emblématique de Tunis, figure majeure des spectacles populaires tunisiens. Une star depuis son apparition dans la Nouba de Fadhel Jeziri dans les années 1990. Puis le silence, les années de précarité, l’effacement.
J’ai recueilli ses mots. Elle m’a laissé les dessiner.


Le projet El Khadra est né dans le cadre de Shift — un collectif qui lutte contre le manque de visibilité et de reconnaissance dont souffrent les femmes dans de nombreux secteurs en Tunisie. Cinq histoires atypiques de femmes, racontées par cinq artistes femmes. J’ai réalisé un roman graphique de 34 pages retraçant la vie de Saïda : la ferveur, les luttes pour faire reconnaître la danse populaire bédouie comme un art légitime, la gloire, puis la précarité et l’effacement.

Le texte, ce sont ses mots. Le dessin, c’est ma façon de les porter.


Lors de la restitution, Saïda elle-même est montée sur scène pour « Saïda tssakhen » — Saïda s’échauffe. Elle se préparait pour son retour devant le public, portant au niveau du bassin des dragées qu’elle distribuait aux spectateurs en dansant, sur la musique live d’un groupe folklorique. Les dragées — celles qu’on distribue à la naissance d’un nouveau-né. C’était aussi une renaissance.

artie 2 : Installation immersive (2022)

Sommet de la Francophonie, Djerba

Un houch devenu zéouia

Dans une maison djerbienne, une des chambres est dédiée à Saiida.

À gauche, une vidéo « Elkhadhra forever » en boucle projetée sur le mur — des lignes blanches qui bougent dans le noir, parfois abstraites, parfois figuratives. C’est la première apparition de Saïda à la télévision tunisienne, dans la Nouba de Fadhel Jeziri — un spectacle que beaucoup de Tunisiens connaissent par cœur, diffusé régulièrement sur la chaîne nationale. On entend sa voix réelle qui raconte son histoire.

A droite une petite pièce, dans l’obscurité on voit : des photos d’archive accrochées au mur de Saiida, des dessins.. et sur la table, l’hologramme de Saïda en miniature « Saiida’s dream »— elle danse en boucle sur une musique bédouie, comme une poupée miniature d’une boîte à musique. Autour d’elle, dessinés sur plexiglas transparent, les fantômes des personnes qui ont compté dans sa vie. Ils sont là pour elle, présents et absents à la fois, et reflètent l’image de l’hologramme. Cet espace était conçu comme une zaouïa, comme celles des marabouts. Un lieu de mémoire et de recueillement pour une femme qui a marqué la culture populaire tunisienne, par ses pas de danse uniques. Quand saiida danse on est transporté avec elle.

Médium: Roman graphique 34 pages (dessin et scénario : Hela Lamine / texte : voix de Saïda
Drayii / direction artistique : Sara Bouzgarrou).

Performance. Installation hologramme, vidéo, dessins sur plexiglas.
Dates 2019 — performance et roman graphique, projet Shift. 2022 — installation hologramme,
Sommet de la Francophonie, Djerba.

Aide à la production : SHIFT, HIVOS, Central Tunis, Sommet de la francophonie

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