Le festin des affamés / The feast of the Famished —   2014       &      Dhbiha  2016
Artist Residency “Indice d’une suite” Galerie Icebox, Paris -  Musée  du Bardo , Tunis
Artist Residency “Arkane Afrika” Les Abbatoires de Casa, Casablanca



Médiums :   Installation , performance , photographie/Photography , participatif/Participatory
Thèmes : politique & révolution/Politics & Revolution, nourriture/Food ,   corps/Body






LE FESTIN DES AFFAMÉS / The feast of the Famished - 2014 
«  En Tunisie, les affamés se mangent entre eux. — Jabeur Mejri »
( In Tunisia, the famished feed on each other. — Jabeur Mejri )



2014, trois ans après la révolution, les revendications sont toujours les mêmes : égalité, liberté, justice... Ce projet est né de cette phrase et de ce qu'elle faisait résonner en nous : les affamés se mangent entre eux. Une métaphore devenue littérale.
Identité et nourriture sont intimement liées. Les tabous alimentaires déterminent qui appartient à un groupe et qui en est exclu. Ce festin en prend acte : on consomme l'autre rituellement, collectivement, et en pleine conscience.

Le Festin des affamés est une table de ramadan dressée de façon satirique :  dix plats tunisiens traditionnels dont les noms, traduits littéralement, révèlent une appellation morbide ou cannibale :
Ain Sbanouréia (L'œil d'une espagnole) — Bouliss Mkattef (Gendarme ligoté) — Aijja bil kalb (Omelette au cœur) — Makouda (La nouée) — Lsén méhchi (Langue farcie) — Madfouna (L'enterrée) — Makbouba (La renversée) — Ommok Houréia (Ta mère Houréia) — Osbén el hajjéla (Les andouillettes de la veuve) — Souabaa fatma (Les doigts de Fatma).


La table dressée: une table avec une grande photographie imprimée posée au-dessus.  Deux cordes noires sortent des deux extrémités qui invitent le spectateur à prendre place, et à tirer la corde vers lui pour révéler progressivement l’image. La photo imprimée sur papier translucide est particulièrement sombre si elle n’est pas traversée par la lumière. On doit alors être au moins deux pour pouvoir consommer au sens propre et figuré ce festin. L’image ainsi révélée, elle nous permet de distinguer les 10 scanographies de plats “cannibales”. 


Deux performances “nécrophagiques” ont accompagné l'installation. La première : préparer le plat “cannibale” la Madfouna (trad. l'enterrée) en direct dans la galerie, puis le manger avec le public de la galerie. Une invitation avait été lancée sur les réseaux sociaux pour venir déguster avec moi. L’attente fut longue : plus de 7h de cuisson. Les gens venaient, attendaient, repartaient, revenaient. L'odeur de la madfouna avait envahi l'espace de la galerie. Vers 18h, le plat était enfin prêt. Allez mangeons! 
 La deuxième : pour le vernissage, j’avais réalisé une version décomposée des « oreilles du juge », une pâtisserie tunisienne servie au mois de ramadan et qu’on allait manger ensemble collectivement pour se venger du juge. 



Médium / date Installation, table, papier translucide, scanographies, lumière. Deux performances. Galerie Glassbox, Paris, 2014. Musée du Bardo, Tunis, 2015.
Aide à la production : Casbanova.




DHBIHA   2016
“ Un repars « cannibale » entre un tunisien, un algérien et un marocain”
( A 'cannibal' meal between a Tunisian, an Algerian and a Moroccan )




Lors de ma résidence à Casa, dans les abbatoires, j’ai voulu trouver un lien dans la gatronomie locale qui pourrait me lier au maroc. Je savais qu’on pouvait trouver des appélations de plats qui peuvent paraître “cannibales”  dans certains pays d’afrique. Je suis partie alors à la recherche de ces plats dans les rues et les restaurants de casa. 
“Dhbiha” présente trois scanographies des composants des plats traditionnels  « Sokrane tayah fi drouj » (trad. « Ivre tombant dans les escaliers ») pour l’Algérie et « Mokh mcharmel » (trad. « Cerveau mariné ») pour le Maroc. 
Pour l’exposition, j’ai réalisé une table avec les 2  scanographies avec en plus notre plat national  « Blouss mkattef » (trad. « Gendarme ligoté »)  . En arrière plan, des agrandissements de mon carnet de voyage avec les notes que j’ai prise toute au long de la résidence. 



Médium / date Installation, table, papier translucide, scanographies, lumière, panneaux en bois avec textes et dessins. Les abbatoires de casa, Maroc, 2016.
Aide à la production Arkane Afrika
 

See also : Karama Survival KitEt si la Mloukheia venait à disparaître?



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